Qui-suis-je ?

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De mère indienne, je suis née et j’ai grandi à Paris. C’est ma grand-mère maternelle qui choisit mon prénom à ma naissance; Joti signifie « lumière » en Sanskrit.  Ma famille indienne étant Sikh je porte également le prénom traditionnel de Kaur qui signifie « Princesse ».

Mon enfance a été bercée par un étrange mélange de cultures. D’une part la culture française à Paris du côté paternel, mais aussi en Angleterre, au sein d’une famille indienne immigrée  à Londres, adoratrice de la Reine Mère, et fervente croyante deGuru Nanak.

Je ne vais pas vous mentir, être franco-indienne élevée en France c’est exotique; sauf en primaire quand tous mes amis disaient que je venais d’une famille de vendeurs de marrons-chauds qui mangeait des cervelles de singes et de la soupe d’yeux…!  J’ai toujours senti que mon côté indien intriguait beaucoup en Occident, tout autant que mon côté français amenait à beaucoup de questionnement en Inde. « Fraaaance? Atcha! Mummy indian? Papa Fraaanch? Atcha, why? »

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En France, on me tartinait les bras de cortisone quand petite j’avais de l’eczéma alors qu’en Angleterre, ma grand-mère indienne mâchait de l’avoine, le recrachait, et en faisait des petites boules qu’elle allait coller dans le creux de mes coudes pour alléger les irritations.

Ma famille est partout: en Inde, en Europe, aux Etats-Unis, et même aux Emirats. Autant vous dire que je ne connais que vaguement le concept des vrais repas de Noël ou des réunions de famille. Jusque récemment je ne me rendais pas compte à quel point je souffrais de ce manque. Même si on me dit souvent que j’ai de la chance de ne pas avoir ce concept familial, que j’évite beaucoup de jugements, de soirées passées à s’engueuler, il en reste que toute ma vie, je n’ai fait que chercher à recréer cette union et ce soutient autour de moi.

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Le yoga m’a été l’outil le plus adapté dans cette quête; c’est vraiment la seule chose qui me stabilise et qui me permet de me poser, d’accepter le monde, les gens, et surtout moi même indienne ou française. Le yoga me met face au fait que j’appartient à un tout au lieu d’être qu’une chose, une culture, une pensée ou une croyance. C’est la seule discipline qui m’a permis d’accepter que j’étais faite de pleins de choses; que j’avais été élevée un peu catho, un peu Sikh, un peu juive, et que dans le fond, croire en Dieu ou Hashem, n’avait pas tant d’importance, tant que je croyais en moi-même.

Ce manque dans ma vie, cette source de tristesse et parfois de colère a engendré beaucoup de problèmes physiques: allergies, asthme et eczéma qu’aucun traitement n’a su stabiliser en 25 ans. Seul le yoga m’a permis de mieux comprendre la source de ces maux, et d’y remédier avec patience. Le yoga est une lutte perpétuelle, une quête infinie, un voyage qui dure toute la vie et même au delà. C’est un outil, une philosophie, un mode de vie qui nous pousse à faire face aux choses, parfois douloureusement, mais aussi heureusement souvent avec le sourire aux lèvres.

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Je pratique le yoga depuis plus de 13 ans et l’enseigne depuis maintenant 6 ans mais je reste une élève avant tout. Je continue d’étudier et d’apprendre, pour moi. J’ai encore peur de me péter la colonne en deux si je fais un drop back (en mode flexion arrière pour ramasser les clés tombées au sol). Je déteste Kurmasana, la tortue(re), mais je continue de la pratiquer parce que je sais que c’est ce cheminent qui compte ; ces moments parfois pénibles lorsqu’on est si loin, si raide, si coincé, qu’on se dit que c’est mort, on y arrivera jamais, et qu’on se laisse aller à des pensées catastrophiques…. Tout ces moments, je les vis encore souvent. Mais éventuellement, j’arrive à me recentrer sur mon souffle (et me rendre compte que je ne respire plus tellement je serre les dents); je prends une grande et longue inspiration, et j’expire fort, comme pour chasser toutes ces pensées parasites. Au bout d’un moment, certes bref, je me livre, et tout va bien.

Devenir professeur ne m’a pas tout d’un coup hissé au niveau de guru ou de maître. Cela m’a permis d’enseigner cette discipline telle que je la vie au quotidien: un rappel à l’ordre, un retour aux sources simples de la respiration, de la pensée positive, du calme, que nous avons tous tendance à prendre à la légère. Pour moi, la joie ne se trouve pas dans la réussite d’une posture, mais dans le chemin souvent chiant et difficile, criblés de doutes, de peurs et d’angoisses qui m’a permis d’y arriver. Ce chemin est continu, mais au fil du temps on s’arme de nouveaux outils pour faire face aux obstacles avec un peu plus de sérénité.

C’est ça que j’enseigne. Parce que c’est aussi ma lutte. Je suis peut-être prof de yoga, mais je suis avant tout humaine.

Mon côté indien est fier d’avoir trouvé sa place dans l’enseignement du yoga; car la pratique fait partie de mon héritage culturel. Mais mon côté français ne s’efface pas, la grande gueule qui dit ce qu’elle pense fait tout autant partie de ma personnalité. (Voir La Pensée Relou du Jour ici).

Mes séjours annuels en Inde sont avant tout des explorations, des recherches et des aventures que j’ai choisi de faire par le biais du yoga. C’est quelque chose qui  je l’espère me permettra de mieux me connecter à mes racines, et éventuellement d’unir mes 2 côtés, mes 2 cultures, mes 2 héritages ce  qui est l’essence et la définition mëme du yoga : l’union… Car dans mon cas, il n’est pas seulement question d’unir l’esprit au corps par le biais du souffle, mais d’unir la femme indienne et la femme française, la Normandie et le Punjab, et d’arriver, par la pratique, à ne plus lutter mais vivre ce métissage quelque peu complexe dans l’harmonie et la sérénité.

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