Back to Mysore my Back in Mysore

Quelle joie de retrouver Mysore. L’ambiance y est si paisible après les deux dernières semaines passées dans le bruit et les pots d’échappements de Calcutta. Le soleil ici tape fort sur ma peau fragile, mais les arbres gigantesques et surtout leurs multiples branches offrent un peu d’ombre et un brin de fraîcheur lors de mes balades quotidiennes.

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Comme je ne suis ici qu’une petite semaine et que mes professeurs n’acceptent généralement qu’un engagement d’un mois minimum pour pratiquer, je me suis tournée vers mon ami Prakash, qui avait été mon cobaye lors de ma formation de massage ayurvédique ici il y a deux ans. Prakash enseigne l’Ashtanga au Sthalam8 à Lakshmipuram depuis 4 ans. Il est le disciple d’Ajay Kumar, célèbre professeur lui même disciple de BNS Iyengar.

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(Prakash se fait masser le front ici par Michelle, et Michelle se fait masser par notre professeur Lekhan)

Quelques jours avant mon départ pour l’Inde, je me suis réveillée avec un sacré torticolis. Si vous me connaissez un peu vous savez qu’il n’y a rien de plus normal chez moi de somatiser avant un evènement important…! Mais cette fois j’ai trimbalé ce torticolis presque un mois… Même avec plusieurs massages et des sessions d’acuponcture avec mon autre professeur Pradeesh, qui massait mon corps en chantant des mantras pour équilibrer mes chakras dans son appartement de Santa Cruz à Mumbai; le torticolis s’effaçait un peu, puis reprenait de plus belle…

Arrivée à Msyore, je me suis précipitée chez Lekhan auprès duquel j’ai fait ma formation de massage. Il a tout de suite vu le problème: ma hanche droite que j’avais heurté lors d’une chute en juillet, avait par la suite mis tout mon dos de travers. « You have the back of an old lady! » m’a-t-il dit en rigolant… Son conseil: éviter les postures sur la tête, sur les épaules ainsi que les torsions, m’acheter deux balles de tennis et les placer de chaque côté de ma nuque avant de m’allonger dans mon lit.

Autant vous dire qu’avec toutes ses aventures de torticolis j’ai fait des pratiques de mémé tout le mois de septembre. Mais il était hors de question de ne pas pratiquer avant d’arriver à Msyore. La pratique ici est intense et il n’est pas recommandé de se lancer d’un coup, forçant le corps à prendre un rythme très ardu assez rapidement sans parler des ajustements qui poussent le corps encore plus.

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Malgré toutes ces petites douleurs, je reprend ma pratique Mysore tranquillement, évitant les postures qui forceront la nuque ou les épaules et en travaillant celles que je peux. En particulier les sauts en avant et en arrières; j’ai un blocage total lorsqu’il s’agit de soulever les fesses pour placer mes hanches au dessus de mes poignets pour prendre plus de hauteur dans les sauts… Prakash a tout de suite vu ma réticence et nous avons passé de longs moments à répéter plusieurs mouvements pour me sortir de ma tête et du schéma de « j’ai peur de tomber, et si je tombe, j’y arriverai pas, j’ai peur… »

Prakash est souvent revenu au souffle, m’indiquant dans les moments que je trouvais éprouvants, que je n’inspirais quasiment plus. C’est fou comme on oublie de respirer si facilement, ce qui engendre tellement de tensions et de difficultés par la suite. Alors que si on prend son temps pour emplir ses poumons, doucement, et qu’on fait de même sur l’expiration, nous faisons une toute autre expérience de notre pratique. Ce rappel au souffle est si important, je ne comprend pas comment certains ne l’enseignent que si peu ou pas du tout…

C’est samedi, jour de repos à Mysore, et mon cou va mieux, du coup j’ai envie de dérouler mon tapis juste un peu, pour continuer à m’exercer aux sauts. Car je sais que demain, malgré son sourire et sa bonne humeur Prakash s’attendra à moins de pleurnicheries et plus de détermination…!

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